Le Vietnam et ses leçons #
La guerre du Vietnam a été analysée, étudiée et revécue dans d’innombrables livres, films et émissions de télévision. La question de savoir si nous avons tiré une seule leçon de ce désastre de plusieurs décennies est un autre sujet. Soul Patrol de J.M. Harper, un documentaire avec des éléments scénarisés, ne prétend pas offrir des réponses ; son exploration à la première personne de l’expérience de l’homme enrôlé résonne avec d’importantes questions sur la guerre en général et celle du Vietnam en particulier.
Souvenirs d’une unité soudée #
Tissant ensemble des visuels éloquents avec énergie et émotion profonde, le deuxième documentaire de Harper, après As We Speak, plonge dans les souvenirs d’une demi-douzaine de soldats ayant formé une unité soudée chargée de certaines des missions les plus dangereuses du conflit. Ils étaient jeunes, certains à peine adolescents, et ce sont des soldats noirs à une époque où la “vraie guerre”, comme l’un d’eux l’appelle — le mouvement pour le pouvoir noir et contre le militarisme américain — se tenait chez eux.
Soul Patrol
Résumé
Hommage émouvant et pièce mémorable dynamique.
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Lieu : Festival du film de Sundance (Compétition documentaire américaine)
Réalisateur-scénariste : J.M. Harper
1 heure 40 minutes
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Réminiscences et réflexions #
L’un de ces hommes, Ed Emanuel, originaire de Compton, a écrit un mémoire en 2003 dont Soul Patrol tire son nom et son inspiration. Son objectif était de se libérer des « démons », des souvenirs hantés de son année en Asie du Sud-Est. Il espérait également que la publication du livre aiderait à rassembler le groupe soudé dont il faisait partie des décennies plus tôt — l’équipe 2/6 de la compagnie F, 51e infanterie. Cela a précisément eu lieu, et l’un des éléments du film est une réunion en cravate noire des membres survivants.
C’était le Sgt. Jerry Brock, le chef d’équipe qui s’est avéré être quelqu’un qu’Emanuel connaissait de Compton, qui a constitué la première équipe spéciale entièrement noire au Vietnam. L’équipe était une patrouille de reconnaissance à long rayon d’action, ou LRRP, une unité de six hommes formée pour des incursions de cinq jours derrière les lignes ennemies. Ils ont été surnommés Soul Patrol par un colonel — pas un problème pour certains, mais offensant pour Emanuel.
Au cœur du documentaire se trouve le conflit entre la fierté des hommes pour leurs compétences, leur bravoure et leur dévotion, et leurs doutes sur les raisons prétendues de la guerre. Leur service a commencé autour du moment de l’assassinat de Martin Luther King, et l’un d’eux se souvient avoir appris l’assassinat de Robert Kennedy lors du vol vers le Vietnam.
Dans ce contexte passionné, il est choquant d’entendre l’un des anciens soldats utiliser l’expression “donner en retour à l’Amérique” et parler de la possibilité de changer le système de l’intérieur. Un chagrin profond compte tenu des taux de mortalité des soldats afro-américains, hautement disproportionnés par rapport à la population à l’intérieur du pays.
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Soul Patrol offre une chronique historique essentielle, résonnant particulièrement aujourd’hui, à une époque où il n’y a même plus de prétention que la compassion et la non-violence soient des idéaux politiques. Elle donne la parole à Emanuel et à ses camarades, qui révèlent qu’ils n’ont pas parlé du Vietnam pendant des années. La réaction à leur retour n’a guère été celle d’un accueil héroïque.
Certains d’entre eux se souviennent vivement d’avoir relâché la pression durant leur temps libre à Bangkok. Emanuel, dont le cousin avait récemment été tué au combat, a eu une révélation durant ces jours loin du front. En rencontrant des gens du milieu ouvrier “tout comme moi”, il a soudainement ressenti que la vengeance semblait vide. Dans ce film sur la guerre, raconté par ceux qui l’ont survécu, c’est la futilité de la guerre qui résonne clairement.