Fontaines D.C. révèle son cinquième album studio, Dopamine Chamber, prévu pour le 16 octobre 2026 chez XL Recordings. Sous la direction de James Ford, ce nouvel opus succède à Romance (2024), qui a obtenu le statut de disque de platine au Royaume-Uni. Ce projet marque une évolution significative du groupe, qui abandonne son son de guitare caractéristique pour plonger dans un univers plus froid, étrange et synthétique. Aujourd’hui, le 18 août 2026, le groupe dévoile son premier single, « Marianne », lors d’un concert complet à La Route du Rock à Saint-Malo.
Avec une introduction majestueuse et exaltante, « Marianne » se déroule comme de lourds rideaux de velours rouge dans un théâtre italien abandonné, évoquant des plafonds élevés et une décadence somptueuse. En partie inspirée par la série thriller Ripley (2024), la chanson aborde les thèmes de l’évasion et de l’hédonisme. Elle agit comme un chant de sirène, invitant l’auditeur à s’évader vers, ou loin de, l’oubli. « Cette année, tu devrais venir séjourner ici / Tu peux suivre mon exemple / Je peux t’aider à disparaître », chante Grian Chatten, tandis que l’arrangement scintille autour de sa voix. Cependant, derrière cette séduction se cache une question plus profonde : jusqu’où une personne est-elle prête à abandonner son imagination lorsque l’alternative est de rester pleinement consciente de la catastrophe environnante ?
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Dopamine Chamber se présente comme une constellation émergeant à travers un brouillard ondoyant : un album de ballades puissantes et de mélodies collectives qui illuminent l’obscurité. Dans un monde en crise, il questionne comment la recherche du plaisir évolue face au danger et ce que cette quête révèle de nous. Tout au long de l’album, les membres de Fontaines D.C. – Grian Chatten, Carlos O’Connell, Conor Curley, Conor Deegan et Tom Coll – naviguent entre gratification et angoisse, jusqu’à ce que ces deux états se confondent. Cette dualité reflète le vertige d’une époque où l’intelligence artificielle, les crises environnementales et la violence politique se croisent avec les memes, les blagues virales et la culture des célébrités. « L’album est une chambre à dopamine », précise Grian Chatten. « On y entre, puis nous vous exposons à diverses pièces musicales conçues pour influencer l’esprit ou les émotions. »
Là où Romance maintenait un équilibre subtil entre ses tensions, Dopamine Chamber choisit de pencher la balance. « Je pense que Romance était constitué à 60 % d’humanité et à 40 % d’automatisation et de perte de sensibilité », explique Grian Chatten, qui a puisé son inspiration lyrique dans les splendeurs éteintes de Venise, Vienne et de la Sicile. « Cet album donne davantage l’impression d’être corrompu à 60 % : le masque se fond un peu plus avec le visage. » Le chanteur a également rejeté toute possibilité d’optimisme facile : « J’ai pensé qu’il serait plus fort d’écarter l’espoir et de refléter honnêtement la laideur du monde. Cet album devait être un avertissement. »
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« Nos albums ont toujours interrogé notre rapport à un lieu », indique le bassiste Conor Deegan. « D’abord Dublin, puis l’éloignement de Dublin, puis la recherche du romantisme ailleurs. Sur ce disque, la question est devenue : où s’évade-t-on ? » Peut-être vers soi-même. Ou vers l’hédonisme, le fantasme, la perfection esthétique, la jeunesse éternelle, ou encore le défilement incessant d’un écran.
Depuis cinq albums, Fontaines D.C. s’efforce de ne pas se répéter, de Dogrel (2019) à A Hero’s Death (2020), en passant par Skinty Fia (2022) et Romance (2024), œuvre anarchique et kaléidoscopique. Avec Dopamine Chamber, le groupe réalise sa transformation la plus audacieuse à ce jour : des synthétiseurs au son glacial, des percussions martiales, des samples et des déclencheurs électroniques, plusieurs morceaux étant dépourvus de guitare, tandis que les sonorités romantiques de la pop italienne des années 1960 sont redéveloppées dans un univers résolument synthétique. Pour le guitariste Conor Curley, l’objectif était de s’éloigner des références habituelles du groupe : « J’essayais de trouver des éléments qui vont vers l’avenir. » L’album a été enregistré avec le producteur James Ford entre Londres, la campagne anglaise et Palerme, où Grian Chatten a enregistré ses voix dans une cabine improvisée faite de matelas et de coussins.
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« Il y a quelque chose de poignant dans l’idée que nous sommes au bord d’une autre forme d’humanité, ou peut-être de non-humanité », explique Chatten. Pour son cinquième album, Fontaines D.C. a donc élaboré cette « chambre à dopamine ». Ce que vivra l’auditeur en y entrant constituera la véritable expérience.
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